L'année du début, 1793, lorsque la France révolutionnaire eut décapité son roi, la colère se tourna ensuite contre le Roi des rois, par la grâce duquel chaque tyran prétendait régner. Mais les éventualités avaient amené parmi eux un grand cœur anglais et américain—Thomas Paine. Il avait plaidé pour Louis Capet : « Tuez le roi mais épargnez l'homme. Maintenant, il a plaidé—“Ne croyez pas au Roi des rois, mais ne confondez pas avec cette idole le Père de l'humanité!” Dans la préface de Paine à la seconde partie de L'âge de raison , il se décrit comme ayant écrit la première partie vers la fin de l'année 1793. « Je ne l'avais pas terminé plus de six heures, dans l'état où il est apparu depuis, devant un garde. arriva vers trois heures du matin, avec un ordre signé des deux
comités de salut public et de sûreté générale, pour me mettre en arrestation. C'était le matin du 28 décembre. Mais il faut peser les mots que je viens de citer—« dans l'état où il est apparu depuis ». Car le 5 août 1794, François Lanthenas, dans un appel à la libération de Paine, écrit : « Je remets à Merlin de Thionville un exemplaire du dernier ouvrage de T. Payne [ L'Age de Raison ], jadis notre confrère, et en détention depuis le décret excluant les étrangers de la représentation nationale. Ce livre a été écrit par l'auteur au début de l'année '93 (style ancien). J'ai entrepris sa traduction avant la révolution contre les prêtres, et elle a été publiée en français à peu près à la même époque. Couthon, à qui je l'ai envoyé, m'a semblé offensé d'avoir traduit
cet ouvrage. Sous le froncement de sourcils de Couthon, l'un des collègues les plus atroces de Robespierre, cette première publication semble avoir été si efficacement supprimée qu'aucun exemplaire portant cette date, 1793, ne se trouve en France ni ailleurs. Dans la lettre de Paine à Samuel Adams, imprimée dans le présent volume, il dit qu'il l'a fait traduire en français, pour arrêter les progrès de l'athéisme, et qu'il a mis sa vie en danger "en s'opposant à l'athéisme". Le moment indiqué par Lanthenas comme celui où il soumit l'ouvrage à Couthon semble être la fin mars 1793, la fureur contre le sacerdoce ayant atteint son paroxysme dans les décrets contre eux des 19 et 26 mars. On se souvienne de la difformité de Couthon, encore plus grande que celle de son corps, et de l'empressement avec lequel la mort était
infligée pour l'opinion la plus théorique non approuvée par la "Montagne", il paraîtra probable que l'offense donnée à Couthon par le livre de Paine impliquait un danger à lui et à son traducteur. Le 31 mai, lorsque les Girondins furent accusés, le nom de Lanthenas fut inscrit, et il s'échappa de justesse ; et le même jour, Danton persuada Paine de ne pas comparaître à la Convention, car sa vie pourrait être en danger. Que ce soit à cause de The Age of Reason , avec son flirt avec la "Déesse Nature" ou non, les déclarations de l'auteur et du traducteur sont harmonisées par le fait que Paine a préparé le manuscrit, avec des ajouts et des modifications considérables, pour publication en anglais, comme il l'a dit dans la préface de la partie II. Une comparaison des versions française et
anglaise, phrase par phrase, m'a prouvé que la traduction envoyée par Lanthenas à Merlin de Thionville en 1794 est la même que celle qu'il envoya à Couthon en 1793. Cette découverte fut le moyen de récupérer plusieurs phrases intéressantes. de l'œuvre originale. J'ai donné en notes de bas de page des traductions des clauses et phrases de l'ouvrage français qui semblaient importantes. Ceux qui sont familiers avec les traductions de Lanthenas n'ont pas besoin de se rappeler qu'il était trop littéraliste pour s'écarter du manuscrit devant lui, et en effet il ne s'est même pas aventuré à le modifier dans un cas (actuellement considéré) où cela était manifestement nécessaire. Et Lanthenas n'aurait omis aucun des paragraphes manquants dans sa traduction. Cet ouvrage original était divisé en dix-sept chapitres, et je les ai restaurés en traduisant leurs titres en anglais. L'Age
de Raison est ainsi pour la première fois donné au monde avec presque sa complétude originelle. Il faut se rappeler que Paine n'a pas pu lire la preuve de son Age of Reason (Part I ) qui a traversé la presse pendant qu'il était en prison. C'est à cela qu'il faut attribuer la permanence de certaines phrases abrégées dans la hâte qu'il a décrite. Un exemple notable est l'abandon de son estimation de Jésus par les mots rendus par Lanthenas « trop peu imité, trop oublié, trop méconnu ». L'ajout de ces mots à l'hommage de Paine rend d'autant plus remarquable que presque la seule reconnaissance du caractère humain et de la vie de Jésus par un écrivain théologique de cette génération est venue d'un longtemps marqué comme un infidèle. C'est à l'incapacité du prisonnier de donner à son ouvrage
aucune révision qu'il faut attribuer la conservation en lui de l'erreur singulière déjà évoquée, comme une erreur que Lanthenas, n'eût été son extrême fidélité, aurait corrigée. C'est la mention répétée par Paine de six planètes, et leur énumération, douze ans après la découverte d'Uranus. Paine était un étudiant dévoué de l'astronomie, et on ne peut pas supposer un seul instant